21.08.2007
Don´t destroy what you came to enjoy
"Selon que vous naitrez blanc ou noir, les usages de ce monde vous rendront riche ou pauvre."
Lafontaine n avait pas tort.
Malheureusement.
Il aurait pu rajouter d'origine aborigène, hawaienne, du nord ou du sud ...
Alors que mon anglais etait en plein balbutiement (il est ne avec les forceps !) lors de la visite de la prison de robben island en Afrique du Sud (Mandela y a passe 27 ans de sa vie), les seuls mots compris des explications de ce guide, black, ancien prisonnier, touché par l'apartheid mais résolument tourné vers le pardon et l avenir, etaient :
"Freedom is not a rigth, Freedom is not a privilege, Freedom is LIFE ...".
C'est la dessus et pas besoin d explications, que j ai débuté mon trip.
Lorsque les mots qui font les histoires ou lorsque l'Histoire se gravent dans les esprits ...
Tout etait dit.
5 mois, 5 voyages, 5 pays, 5 destinations plus heteroclites, plus differentes les unes que les autres, que rien ne paraissait rapprocher, et pourtant ...
Alors qu en France nos acquis sociaux ressemblent à des privileges, alors qu en France nos reves sont faits de consommation exponentielle, que les temps changent et avec eux les besoins, qu il ne faut certes pas comparer ce qui ne se compare pas, gardons au moins en tete qu il y a des endroits du monde ou l homme n a pas d electrcite, pas de telephone, pas d ecole, pas de medecin, pas de graines pour les semences, pas d eau potable ... il n a RIEN, gardons au moins en tete que rester en vie, le p´tit africain, le p´tit sud americain a cette envie.
Parfois j ai eu l impression de passer dans des coins ou les gens semblent avoir "touché le fond du chaudron dans lequel a cuit et recuit la misere du monde". J ai eu de la chance, je ne faisais que "passer", que le voir mais eux ils sont en plein dedans.
Que va devenir :
- ce petit garcon de 8-9 ans a Cuzco qui vu sa deformation thoracique avait, je suis sur, la mucoviscidose. Pour vivre il vendait dans la rue ... des cigarettes ...
- ce petit garcon du meme age a Sucre, et qui a 23h, a 4000m d altitude, dormait recroqueville sur le rebord une fenetre en pleine ville ...
- cette petite fille, sur le plateau du Lesotho, encore un des pays les plus pauvres au monde, sans chaussures, sans rien, en plein brouillard, en plein froid ...
- ces enfants du township pres de Cape Town vivant de je ne sais quoi ...
- de cette femme aborigene qui se cachait le visage pour finir de pleurer, mais il reste toujours des larmes quand on croit les avoir epuisees. La raison devait etre grave ...
"Je ne sais pas quoi faire", "je m ennuie", "j attends le prince ou la princesse", "l Europe c est nul", "la vie est dure en France, c est morose", "c est la faute aux politiques, a ceux de gauche a ceux de droite ou d ailleurs" "viens on va claquer 100euros en boite" "faut que je m achete le dernier portable car celui la est demode" ... des phrases debiles que je n ai pas envie d entendre en rentrant.
Si tu t ennuies, prends ton sac et tire toi, l aventure, elle commence sur les autoroutes au sud de la France et il y a bien des choses a faire, meme si on a pas beaucoup d argent.
A commencer par aider les autres.
"Et en attendant qu on le reveille le merveilleux est assoupi n importe ou, a tout instant." Le naturel n est pas sur les brochures et les magazines, les rites initiatiques, l authentique, le "magique" existent. Il faut etre a l affut, etre patient et savoir les denicher. Des traditions de pachamama aux terres d Afrique, des fabuleux paysages du Lesotho aux monuments naturels d Australie, du sublime d Hawai aux epoustouflants landscapes de Perou et Bolivie, du peuple xhosa au peuple quechua, du didjeerido d Alice Springs a la flute peruvienne, du son des u´kuleles de waikiki aux tam-tams Afrique, de l art aborigene aux tejidos bolivien, des enfants des townships de Soweto aux mineurs de Potosi, de l inca Athuallpa a Nelson Mandela, des 5000 de l altiplano au 0m du pacifique, de la wild coast a la grande barriere de corail, de la vague jaws a l arbol de pierra, avec la barbe et sans la barbe, et bien sur du super cafe-baileys de Me BELL au pisco de Cuzco .... que de souvenirs, et bien d autres encore. 1001 visages, 1001 couleurs en tete, 1001 sons, 10001 odeurs et meme plus. Je ne suis pas un narrateur et trop souvent les mots m ont manque pour dire ce que je ressentais, mais il y a en a eu un echantillon.
Le voyage est une maladie qui ne se guerit pas. Tant pis je veux en garder tous les symptomes. Pas de 6 mois - 6 destinations, il est temps de rentrer mais en pensant a repartir "de m en aller, d etre sans cesse ailleurs ... et de ne revenir que pour repartir ... c est ma raison de vivre" ce n est pas de moi, mais qu est ce que je comprends l auteur, sans pour autant ressentir de l instabilite. "Savoir dire oui a tous les departs" et rester fidele a l ideal exprime par Samuel Ullman "rester celui qui s etonne et s emerveille ... et demande insatiablement et apres ? ..."
Tout a été super.
Ce voyage m a enormement enrichi meme s il n a pas enrichi mon porte-monnaie et je sais que j ai bien de la chance.
Va falloir que j invite quand meme ma banquiere au restaurant, tres vite.
La planete est belle mais ce qu en fait l homme est parfois deconcertant, soyons des eco-citoyens et non des ego-citoyens. Et derriere la carte postale souvent des pays, des hommes, des femmes, des enfants sont toujours en etat d urgence. Don t destroy what you came to enjoy !!!
"J ai du ciel bleu dans mon 2eme passeport " :
en projet chez l architecte,
chapitres en construction
sur echafaudage avec harnais ... revenir ...
plus tard ... l annee prochaine ...
en attendant tu peux aller sur :
http://africatrip.blogs-de-voyage.fr (hommage +++)
http://www.laspid.com (un super concept)
http://ccburkina.free.fr/ (un exemple de vie)
http://www.agoravox.fr (pour s informer)
a lire "j'ai du ciel bleu dans mon passeport" Philippe De Dieuleveult - edition livre de poche (un declic +++)
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